(Français) Mon premier marathon : Marathon de Paris 2015

Premier Marathon – Prologue

Coureur depuis 3 ans, en mode coureur du dimanche essentiellement, je me suis essayé au marathon en ce beau 12 avril 2015. Pas nécessairement par passion, mais parce que j’aime les défis et les expériences nouvelles.

Ma 1ère compétition date de mars 2013, semi-marathon de Paris bouclé en 2h04, le visage un tantinet crispé.

Ma 2ème compétition date de juin 2014, le 10km l’Equipe bouclés en 48min, motivé par le copain Oussama qui en véritable fusée bouclera le parcours en 8min de moins.
« 10km » complètement. « l’Equipe » un peu moins.

Ma 3ème compétition sera donc le célèbre marathon parisien, pour le défi, la gloire du parcours, et la proximité géographique.

L’entrainement 

Pour courir un marathon, il faut s’entrainer. Beaucoup.
C’est d’ailleurs le gros du travail pour le futur marathonien, la compétition elle-même n’étant que le coup de marteau final. Un coup de marteau viril, il est vrai.

Inscription effectuée début septembre 2014, soit 7 mois avant l’épreuve fatidique. Y’a plus qu’à !
Et on publie sur Facebook pour être sûr que tout le monde le voit, et qu’on se tape la honte si on ne se tient pas à l’entrainement !

A ce moment, déjà coureur, mon niveau me permettait de faire des sorties de 10/15 km à un rythme correct de 5:20 au km. 1 à 2 fois par semaine, sans trop forcer, avec de temps en temps une sortie fractionnée de 5/6 km.

Je ponctue cette belle résolution en octobre par l’achat de nouvelles chaussures : des Asics Nimbus 16. Rien qu’avec le nom, je me sens un peu comme Harry Potter choisissant son nouveau balai dans les allées de Décathlon.

Ma préparation aura duré 6 mois, dont 2 mois en intensif :

  • 100km en octobre et en novembre
  • Petits mois de décembre et janvier avec respectivement 50 et 40 km
  • Prépa intensive en février-mars avec respectivement 170 et 280 km

Certaines sorties sont agréables, d’autres non.
Mention spéciale à cette journée pluvieuse et glaciale où je suis rentré avec des glaçons accrochés aux poils de jambes.

Je cours seul, sans musique. Même pour les sorties longues.
Ça fait un peu bullshit bio-nature, mais j’aime sentir le vent dans mes oreilles, observer les gens et écouter la forêt. Je ne m’ennuie pas.

La dernière fois je suis parti à 7h du matin pour une sortie de 2h30 (27 km parcourus). Ma route a croisée celle d’un sanglier qui sortait de boite. Le gueux s’est éjecté d’un buisson comme un diable de sa boite et a détalé comme si un futur marathonien lui courait après !

Je me suis mis à chercher un arbre facile à grimper au cas où il reviendrait avec ses copains. Ça m’a occupé l’esprit un bon ¼ d’heure.

Le running, c’est divertissant.

J’ai été flemmard en début d’année, mais c’est pour la bonne cause : ma femme Sophie et moi avons acheté une maison qui a eu la bonne idée de demander beaucoup de travaux. Du coup peu de temps et d’énergie pour l’entrainement, d’autant plus que nous nous sommes lavés au seau pendant 3 semaines le temps que la douche soit fonctionnelle.

Courir oui, se sentir moite au boulot non.

Pour la partie intensive de l’entrainement, j’ai opté pour un programme acheté via l’appli Runtastic avec laquelle je cours à chaque sortie. Un peu chéros d’ailleurs. Pour 20€, je m’attendais à quelque chose de plus complet.

En chiffres, ces deux mois intensifs (en forêt de Chantilly essentiellement) donnent :

  • 4 sorties par semaine
  • 450 km parcourus
  • Dont 65 km de vélo, pour varier un peu l’entrainement et soulager les genoux
  • 5 sorties longues entre 25 et 30 km
  • 5 sorties fractionnées d’1h30

Et on croise les doigts !

La semaine d’avant

La pression monte.

J’ai arrêté mon entrainement un peu tôt, ma dernière sortie n’est pas très bien passée : petites douleurs au tendon d’achille et aux métatarses qui n’annoncent rien de fabuleux.
Tant pis pour la pause prolongée de 8 jours, de toute façon les dés sont jetés !

Mes chaussures vont sur leurs 650 km… C’est beaucoup, l’amorti est bien entamé.
J’aurais peut-être dû en racheter des neuves il y a un mois. Je ne l’ai pas fait. Je regrette, mes douleurs viennent peut-être de là.
Trop tard pour changer, on ne court pas un marathon avec des chaussures non rôdées.

Je passe parfois une heure entière à lire des témoignages sur internet.
Ça me rassure, ça m’inspire. Ça me fait peur aussi parfois.

L’heure d’aller retirer les dossards arrive. Direction donc le salon du running Porte de Versailles.

Le salon du running, c’est un endroit où le coureur se sent spécial. Les futurs marathoniens passent à droite sur un tapis rouge, monsieur et madame Michu passent à gauche. Pas de tapis. Rien.

Arrivé au salon, un écran diffuse des images de coureurs en slow motion en crachant une musique style Game of Thrones. Ça donne vachement envie d’acheter plein de trucs pour courir plus vite.

L’entrepreneur que je suis admire le génie marketing de l’engin.
Je n’achète rien, mais je passe tout de même une heure à arpenter le salon, parce qu’on ne court pas un marathon tous les jours, et aussi un peu pour tromper mon stress.

Un coureur fait la démonstration d’un tapis de course. Le compteur indique 24 km en 1h25. Il est blond, il est parfait, il a la foulée de Usain Bolt, et il met la misère à tout le monde !

Des danseuses plantureuses font un numéro énergique pour vanter les mérites de vêtements techniques. Leurs nénés illustrent parfaitement l’effet d’une vibration sur un fluide non newtonien. Les mecs qui viennent avec leur copine regardent le stand l’air de rien en lâchant des « Tiens, ce tee-shirt serait pas mal pour toi », histoire de justifier le coup d’œil.

Le salon du running est un endroit fabuleux.

Je suis inscrit dans le sas des 4h. Je veux passer dans le sas des 3h45 et je me fais recaler faute de temps de référence. Curieux mélange de soulagement et de frustration.

Mon sas sera donc celui des 4h.

Veille du marathon

Mes douleurs au pied continuent de m’inquiéter. Enfin c’est pas vraiment des douleurs. Enfin je sais pas trop, peut-être que je somatise à mort.

Le marathon, c’est flippant.

Premier marathon - L'inventaire
Je fais l’inventaire pour être fin prêt :

  • Mon camelbak, que j’ai passé 1h à récurer parce qu’il y avait un peu de moisissure dedans
  • Mes gels
  • Mon brassard
  • Téléphone/GPS chargé à bloc
  • Mon dossard
  • Mes céréales pour le petit déj : des Quackers Oats 100% avoine, donc 100% marathon. Ça fait bien marrer ma sœur qui me dit que si ça se trouve, je me mettrai à hennir à l’arrivée.
  • Mes affaires de rechange
  • Mon caleçon-qui-ne-se-transforme-pas-en-string-au-bout-de-5km
  • Mes pompes
  • Mes sachets de sels minéraux
  • La casquette Renault Sport F1 dédicacée par Jean-Eric Vergne, offerte par mon pote Adjévi. C’est utile (il va faire chaud) et super classe !
  • J’oublie forcément quelque chose…

Le bus que je voulais prendre ne passe pas. J’habite dans un bled, alors forcément quand on a des bus toutes les 2h et que le mec décide de faire grève, c’est pas cool.

Je prends le temps de maudire tous les chauffeurs de bus de la planète, puis je me dirige à pieds vers la gare.  45 min de marche quand on s’apprête à courir 42 km, c’est du vent.

Dans le train, je rencontre un autre coureur. Je reconnais l’étiquette sur son sac.
On va souffrir tout pareil, alors on se tutoie, on discute de notre stratégie de course et de l’entrainement.

Ça me rassure. Je me dis qu’après tout, le marathon n’est qu’une grosse sortie comme tant d’autres.

La course

Mon réveil ne sonne pas. Je l’ai pourtant réglé sur 6h avant de me coucher.
Le con. J’ai oublié de cocher la case « Dimanche ».

Du coup c’est ma sœur Sophie qui me réveille. Elle court le marathon aussi, mais nous n’avons pas tout à fait les mêmes objectifs de temps. Ma sœur a du sang kenyan. Je poserai 2/3 questions à mes parents un de ces quatre.

Petit déjeuner avalé sans grand enthousiasme. Du carburant, sans plus.
Préparation de la « potion camelbak » : de l’eau, du miel et deux sachets de sels minéraux.

Premier marathon - La tenue

Avec tout l’attirail, je suis chargé comme un missile.
On dirait un touriste japonais qui pense que Paris est en pleine guerre civile.

Direction le métro. J’ai logé à Bastille chez mes parents donc le trajet est relativement simple : ligne 1 jusqu’à George V.

Arrivée sur place, l’ambiance est électrique. Dernier petit bisou à Sophie femme, puis je me positionne dans le sas des 4h, le plus à l’avant possible pour ne pas être pris dans le peloton.

Discours de Anne Hidalgo qui nous dit qu’on est formidables, puis les élites partent.
Ces enfoirés d’organisateurs mettent la musique des Chariots de Feu, et c’est vachement émouvant.

La tension est palpable, les genoux tremblent, je refais mes lacets pour la 10ème fois.

Devant moi une minette est déguisée en Blanche Neige, un type essaye de la draguer et ça me distrait pendant 10 bonnes minutes.

Le sas des 3h45 avance. Les Champs sont en pente douce à cet endroit donc on peut voir les départs au loin, ça n’aide pas à se détendre. On avance.

Le coup de feu claque.
Bien positionné dans le sas, je suis l’un des premiers à partir.

Le stress s’est envolé, maintenant il est temps de courir.

Km 1

Ne pas s’enflammer surtout, s’en tenir au plan de course.
La piste est belle, les Champs sont en pente douce, et les supporters sont venus en masse.
5:13 au kilomètre, c’est nickel.

J’ai envie d’uriner. C’était prévisible. Je peux attendre le bois de Vincennes.

Km 3

Je remonte vers Châtelet avec une facilité qui me booste le moral.
Les gosses tendent leurs mains pour qu’on tape dedans, ce que je fais avec un plaisir non dissimulé.

J’accélère, 5:00 au kilomètre.

Une troupe de pompiers hilares se met à scander des encouragements virils à mon passage. Je lance un « Merci ! » teinté de fierté avant de m’apercevoir que les encouragements étaient destinés à leurs collègues, courant 1m derrière moi.

Gros zef.

Km 5

Bastille, premier passage.

J’ai fait une moyenne de 4:30 au km depuis les pompiers, sans m’en apercevoir.
Habitué aux chemins forestiers boueux et accidentés, le roulant bitume parisien est pour moi une véritable friandise !

Je stabilise à 5:10 au km, conscient de la distance qu’il me reste à parcourir.
L’énergie est notre avenir, économisons-la !

Sophie femme est là, fidèle au poste.
J’envoie une bise d’un geste ample, et je poursuis ma route.

Mes petites gênes aux pieds m’accompagnent toujours, mais ne m’ennuient nullement.

Km 8

On remonte vers le bois de Vincennes.

Grâce à mon camelbak, je peux boire régulièrement en totale liberté, sans me retrouver emprisonné dans la foule des ravitaillements. Tous les kilomètres, je ralentis un peu pendant 10 secondes le temps de boire quelques gorgées, puis je relance.

La chaleur commence à se faire sentir.
Un jet d’eau arrose la piste. J’écarte les bras façon Titanic en passant dans le mur de gouttes. Ça fait un bien fou !

Km 11

Passage devant le Château de Vincennes. Les supporters sont venus en nombre.
Le marathon de Paris soulève les passions.
Des inconnus nous crient qu’on est formidables, que nous sommes des héros.

Ça me donne une énergie incroyable. Je savoure le moment.

Km 15

Mon envie d’uriner n’a pas vraiment évolué depuis le départ.
Je n’ai pas envie de m’arrêter, mais 20 bornes de parcours urbain m’attendent ensuite, il faut-être raisonnable.

J’attends donc de passer l’arche du 15ème km (ralliée en 1h19) puis je choisis le meilleur arbre pour me soulager tranquillement. J’en profite pour faire redescendre un peu le rythme cardiaque qui, sans être scandaleux, est monté mine de rien à cause de la chaleur.

Un coureur me lance « Vas-y lâche tout ! ».
Je lole puis je relance la machine, plus léger de 300 bons grammes.

Km 21,1

Le semi. Je passe en 1h52.
Je repense à mon premier semi bouclé en 2h04, marchant sur la langue, et je me dis que j’ai fait pas mal de chemin depuis.

Mon allure moyenne est stable à 5:20 par km.
Je vais toujours bien, même si les jambes commencent à tirer un peu.

A l’entrainement, lors des sorties longues, je commençais aussi à avoir mal aux jambes à ce niveau.
J’appréhende un peu la suite du parcours, mais je garde bon moral.

Sophie femme devrait être à Bastille pour le second passage dans 2 kilomètres, raison de plus pour être à l’heure !

So far, so good.

Km 23

Enorme coup de mou, et je ne sais même pas pourquoi.
Le running, c’est bizarre. Tu peux être bien un moment et super mal le kilomètre d’après.

Là, je vais mal. Il faut chaud, le palpitant s’emballe, et mes jambes me lancent.

Je retrouve Sophie femme dans le dernier virage après la Place de la Bastille et je décide de m’accorder une mini pause. Elle me regarde l’air inquiet.

Le marathon, c’est flippant pour la famille des coureurs aussi.
2/3 mots rassurants, un petit massage des cuisses, un petit bisou salé.

La prochaine et dernière fois que je la recroiserai, j’arriverai dans le bois de Boulogne.
Je lui lance donc un « On se voit dans 10 kilomètres ! » qui n’a pas l’air de bien l’amuser.

Moi ça me rebooste. C’est reparti.
Parce que bon, ce n’est pas comme si on n’était qu’au 23ème km non plus !

Km 26

Ma petite pause à la Bastille m’a permis d’avaler les trois derniers kilomètres à un rythme correct de 5:30 au km. C’est moins qu’avant, finie la fraîcheur du départ, mais ça reste honorable.

Maintenant commence l’un des pires calvaires de mon existence : les Quais de Seine.
Je prends le mur 5 kilomètres trop tôt.

Rentrée dans le premier tunnel. L’ambiance est chaude et moite.
Ça pue le résidu de gasoil et l’absence de la lumière du soleil se fait cruellement sentir.
Il n’y a plus de supporters.

Il me reste 16 kilomètres. Mes jambes sont brisées, et mon moral aussi.

Je suis obligé de m’arrêter pour me masser les jambes et faire quelques étirements.
Je m’appuie sur une pile du tunnel, mes mains sont noires de suie dégueu, mais je m’en tape.

Un coureur me lance énergiquement : « Tu te muscleras plus tard ! ».
C’est un enfoiré, mais il a raison.

Je me fais un petit shot de gel avec le fond d’eau de mon camelbak (je consomme 1L au 10km), puis je repars…

Km 27

… Pour m’arrêter de nouveau.

Je repère la tour Eiffel au loin.
Je me dis que quand j’y serai ce sera le 30ème kilomètre.
Ça me donne un point de repère visuel dans cette tempête de sueur.

Des masseurs officient sur le bord de la route, quelques coureurs vidés en profitent.
J’ai lu l’autre jour le témoignage d’un mec qui a cédé au chant des sirènes et s’est allongé sur la table à masser. Refroidi après 5 minutes, il n’a jamais pu repartir.

Du coup bye bye les vils masseurs et leur chant démoniaque, je continue !

Km 30

Les 3 derniers kilomètres ont été laborieux, à une moyenne d’escargot de 7min au km.
J’ai avancé au rythme des tapes dans le dos de la part d’autres coureurs.

Un marathon, c’est aussi un travail d’équipe.

Je suis aux pieds de la tour Eiffel, et une grande pancarte annonce le « Mur » du 30ème kilomètre. Moi je m’en fous parce que le mur, je le subis depuis 5 km maintenant.

Je profite du grand ravitaillement que les organisateurs ont eu la bonne idée de placer ici pour m’asperger d’eau, boire et reprendre un gel.

Je me sens revigoré, un peu comme un personnage de jeu vidéo qui vient de prendre une trousse de soin après s’être battu contre 5 tigres et 3 Trex.

Je repars. J’ai un second souffle.

Km 33

Mon second souffle dure encore, il me permet de maintenir une allure de 6min au km.
Des coureurs épuisés marchent sur le bord de la route. Ils prennent le mur en pleine figure.
Du coup, je rends les tapes dans le dos que j’ai reçues, et ça en fait repartir certains.

Mes plantes de pieds commencent à me faire mal, et mes jambes sont très raides depuis un petit moment déjà.

La route est encore longue, je ne m’arrête pas.

Sophie femme devrait être ici, je ne la vois pas.
Tant pis, nous repassons porte d’Auteuil dans 2 kilomètres pour ensuite plonger dans le bois de Boulogne. Elle y sera peut-être.

Km 35

Sophie femme est fidèle au poste, je suis en retard sur l’horaire, mais au point où j’en suis ça m’est égal !

Petit passage lent pour donner des nouvelles. « C’est dur mais ça va ! ».
Je ne m’arrête pas car mon second souffle n’est pas encore tout à fait épuisé et je veux en profiter jusqu’au bout.

Erreur…
Ralentir puis relancer m’a été fatal.
Le ravitaillement du 35ème me tend les bras, j’y fais une bonne pause de 2 minutes pour rafraîchir, réhydrater et reprendre un gel.

Je repars à nouveau, mais les semelles collent à la route.
Mon cerveau veut courir, et mes jambes répondent de moins en moins bien.

Mes pointes de pieds me lancent de plus en plus, mon genou gauche se déclare aussi.

Je suis un avion qui perd ses boulons en plein vol.

Km 38

Respectivement 6:10 puis 6:30 au km pour les deux derniers kilomètres.

Je suis au bout du rouleau.
Je n’ai qu’une envie : que ce marathon se termine.

Une station d’épongement.
Je trempe ma casquette dans une bassine d’eau fraîche histoire de réactiver les neurones qui commandent les jambes.

Je rentre dans une espèce de torpeur délimitée par les bords de la route et la visière de ma casquette dédicacée, qui ne m’aide plus vraiment à courir vite.

Puis soudain, il se passe quelque chose de fabuleux : le bénévole de la station m’attrape vigoureusement le poignet. Il est musclé, il a le crâne rasé, un vrai Monsieur Propre !
Le type me regarde droit dans les yeux, et me lance un « Toi le grand, tu ne lâches rien ! ».

Il me fait penser à l’instructeur dans Full Metal Jacket.

Je réponds un « Oui msieu ! » bien senti, et je repars, ma casquette dégoulinante.
Je trouve même l’énergie pour taper dans les mains de quelques gosses au passage !

Km 40

Monsieur Propre m’a relancé sur les 2 derniers kilomètres à une moyenne de 5:50 au km.
A ce stade de la course, c’est énorme pour moi. Un grand merci à lui !

Je réalise que je n’avais jamais ressenti le pouvoir de l’esprit comme aujourd’hui.
Le mental est crucial. C’est bien de le savoir, c’est encore mieux de le vivre.

Hélas, mon regain d’énergie touche à sa fin.

La borne des 40 sonne comme un symbole et une bouffée d’air frais.
Je viens de parcourir 40km en 4h et 5 minutes.

Une barrière m’invite à quelques étirements finaux.
Mes jambes me font toujours aussi mal et j’ai l’impression d’avoir du silex dans mes pompes.

Je ne m’en sors pas si mal, sachant que j’ai bouclé ma dernière session trail de 30km en 3h pile. Alors ok, c’était sur des chemins forestiers moins roulants, mais là j’ai 10km de plus dans les jambes !

Fini les calculs, il est temps d’achever ce marathon.

Mes intestins commencent à se sentir mal.
Je pense qu’ils apprécient moyennement le remue-ménage que je leur impose depuis 4h.

Km 41

Plus qu’un kilomètre.
Encore un kilomètre.

Ce qui est habituellement un simple sprint pour choper le bus devient un obstacle immense.

Les enfants tendent toujours leurs petites mains pour qu’on tape dedans. Je les ignore.
Tendre la main me demanderait trop d’énergie et mes dernières forces sont engagées dans la bataille pour le dernier kilomètre.

Sorry kids, vous me pardonnerez un jour.

Des gens brandissent des pancartes qui disent « Having fun yet? ».
Cruel, mais marrant.

Km 42

L’arrivée est là. Je peux l’entendre mais pas la voir.

Des concurrents épuisés marchent, l’air hagard, les pieds traînants.
Ils me font penser à ces victimes d’attentats à la bombe sortant du nuage de poussière que l’on voit aux infos.

Mauvaise prépa, ou mauvaise gestion de course. Ils ne sont plus capables de courir.
J’ai envie de leur crier d’avancer, que l’arrivée n’est qu’à 200 mètres.
Ils sont déjà derrière, j’ai besoin de toute mon énergie.

Mes intestins ne vont pas vraiment mieux.
Une envie pressante me contraint à faire travailler un muscle supplémentaire.
Moyennement poétique j’en conviens, mais la réalité du runner c’est aussi les petits désagréments de la nature.

Il est VRAIMENT temps de finir ce marathon.

Km 42,2

Je passe l’arrivée en courant à une allure folle de 5:50 au km. Dingue.
Je m’arrête aussitôt la ligne passée mais ne m’assoie pas, car les crampes menacent.

Je traîne ma carcasse comme un petit vieux vers le type qui marque les dossards à l’arrivée. Une crampe me prend, je me baisse pour masser mon mollet.

Le type me demande si je suis fatigué.
Je lui réponds « Non, c’est une distance de fillette », avec un rictus qui rend ma vanne totalement ridicule. Il se marre, puis me donne la médaille du finisher.

Je suis marathonien.
Mes jambes me font clairement comprendre qu’il ne faut pas que ça se reproduise.

Epilogue

Avec un temps de 4h18, mon objectif de – de 4h est clairement loin.

Avec le recul, je regrette 3 choses qui sans doute ont été déterminantes :

  • Un entrainement intensif trop court
    Clairement, 2 mois avec mon niveau ne suffisaient pas
    Il aurait bien fallu 3/4 mois, quitte à être un peu moins intense
  • Une quasi-interruption de deux mois (100 km cumulés sur décembre et janvier, c’est que dalle)
    Mais bon, rénover sa baraque n’est pas un objectif idiot non plus.
  • Une mauvaise hydratation
    La semaine d’avant, j’ai bu 3 litres par jour comme on me l’avait recommandé.
    Sauf que c’était de l’eau du robinet, relativement pauvre en sels minéraux.
    J’ai donc attaqué ma course avec des carences probables, ce qui n’a certainement pas arrangé mes douleurs musculaires

La journée du lendemain a été un peu dure, mais mes courbatures ne m’ont pas empêché de faire 1500 km en voiture pour le boulot.

Trois jours plus tard, je remarche sans aucune gêne.
Pas assez entraîné, pour faire – de 4h, mais tout de même suffisamment pour m’en remettre rapidement. C’est déjà ça !

Je suis déjà enrôlé dans ma prochaine compétition : le 10 km l’Equipe en Juin.
Je vais essayer de me rapprocher des 45 minutes, sachant que mon record actuel sur la distance est de 48:20.

Une pause, avant le prochain marathon. Un jour !

Lean Startup in a picture

A few months ago, I introduced some high level managers from the BNP (bank) to the Lean Startup philosophy.

the conference took place in Geneva, and the organizers invited someone I really didn’t know the business: a graphic facilitator.

The principle is simple: you speak, she draws. The value proposition exposed on her website is crystal clear: I draw what you say. It’s amazing to see your speech slowly turning into a picture little by little, as you speak!

For Lean Startup, this is the result:

Lean Startup infographic

Should I create my Startup alone or with a team?

If you want to go fast go alone if you want to go far go togetherWhen you launch your Startup, the team question is very important.

I heard a lot of assertions on the subject, like “The best startup team is 3 co-founders”, or “You can’t do everything by yourself, it’s a matter of time and skills”.

While those assertions are true, it’s unfortunately not so simple.
My 2 cents:

Co-founder = Investment = Risk

It’s something hard to understand in the heat of the moment, because a co-founder is often a friend, and all the team is surrounded by happiness and excitement at launch time. The potential burden of having a co-founder is not perceived.

And yet it is a burden. A burden that is not financial because you do not pay a partner at first, but an emotional burden.

Understand that if you form a team, you must do so with people who share your business vision, your passion for the startup way of living and for your target customers, and with whom you get along well.
A co-founder is an autonomous, independent human being who thinks by herself, and who may eventually diverge and be difficult to manage in tough times. It will require time and energy. Time and energy that won’t be used to make your Startup move in the right direction.

Of course, this divergence can sometimes make good things happen, but still, it’s a significant risk that you shouldn’t take lightly.

When I created my first Startup, Chipmunk, I wanted to bring a good friend with me, who was not ready at that time. So we agreed that I’ll start alone, and that he would join me later. The months passed, and I ended up stopping the Startup due to lack of viable business model, after several pivots. Looking back, I think that being two would have been more a burden than a benefit.

Do you really need a second brain?

The most common associations are the ones who put together a technical profile and a business profile, founders who hire a partner able to build their product because they do not have the skills to do it themselves.

Often, when you face a problem, the real question is not “How to do this?”, but rather “Should I really do this?”. If you start your own venture, there is a good chance that your business model is not yet proven, your first job is then to prove this model.

In other words, to find your very first customers.

Sometimes this job requires technical skills, but often it’s not the case.
Concierge, customer development, mockups, landing pages… are as many ways to find your first customers without coding a single line. More examples here.

Similarly, marketing skills are not necessarily required, because at the beginning you must validate qualitatively your business model before validating it’s scalability.

For all of that, I can help you.

And what about the workload?

When you launch your startup, there are many things to do. There are also many things that you shouldn’t do.

In economics, Parkinson’s Law says that work expands so as to fill the time available for its completion. Basically, it means that if you allocate a specific time for a task, you will always find a way to fill the allocated time, even if you have completed the essentials of the task way before the end.

This law also applies to people you allocate to tasks, and can work against you when you create your startup.

Indeed, if for example you are three co-founders, you will logically assess a workload that will keep everyone busy, which sometimes involves working on task that are not a priority at all.

On startup, doing things too early can be destructive.
There you are warned.

Wherever you go, don’t go alone

Being an entrepreneur is hard.

The emotional lift goes up and down constantly, and you’ll often feel the need to talk to someone who is facing, or has faced, the same challenges as you.
You’ll also need feedback, recoil, oxygen, and everything that makes a successful entrepreneur apart from a business model that works.

Being in a team is a good way to keep a good mood, but it’s not the only way:

  • Find a mentor.
    Someone older and more experienced than you, that you know, who knows you, who has faced a lot of difficulties, and with whom you can have a beer or a lunch when times are tough. In my case, I often have a lunch with my former boss, serial entrepreneur.
  • Talk with friends entrepreneurs.
    If you have friends like you who create their own startup, feel free to help each other as often as possible. Talking about your disillusionment with people like you, who are not in love with your project, is a great way to bounce back and reload batteries.
    If you don’t have entrepreneur friends, you should join a program like this one to find some.
  • Co-work.
    There are days when it’s nice to work quietly alone at home. There are also days where it’s totally depressing! Feel free to work from time to times a co-working space, a café, or to go to meetups. You’ll change your mood, you’ll meet interesting people, and you’ll learn loads of things!

To be short, the question of the team is very personal, and I am not going to give directions here. Here is still my opinion on the subject:

When you’re just starting your venture with 0 customer, 0 product and 0 traction, it is very important to move quickly, to be agile, to prove your business model, and often to change direction. Unless you have a real good reason to hire a partner (R&D, key partnership…), it is best to start alone. You’ll think about a team later.

However, owhen you have your first (recurring) customers and your business model is proven, it is time to speed things up. You won’t get far alone. It’s time to hire amazing people who share your passion.

Whatever you do, I’m sure you’ll be up to it!

The ultimate customer development interview sheet

Cust dev sheet

Download

I’ve been doing customer development interviews for 2 years now.
I also teach companies and fellows entrepreneurs how to do customer development interviews, in meetups and startup weekends.

I identify three common pitfalls when fellows entrepreneurs do interviews:

  1. Omitting to record important information, like gestural (which actually IS very important!)
  2. In the heat of the moment, omitting to follow important steps like asking for a referral or a proof of engagement
  3. The difficulty to gather and use the information when you have done a lot of interviews (that one is actually quite painful!)


This sheet is designed to avoid those pitfalls by:
– Providing guidelines and educational content (pitfalls 1 and 2)
– Normalizing the notetaking work to simplify the post treatment (pitfall 3)

However I strongly recommend to perform your interviews with a partner.
One is dedicated to talking and listening (the conversation), the other is dedicated to the note taking with the sheet (the note taking).

Everything is explained in the notice on page 3.

Feel free to use and share this customer development interview sheet!

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Running Lean

My Lean TShirt and meToday, I want to have fun. So I’ll talk about sport.

When I started to be an entrepreneur a few years ago, I felt the need to associate a physical challenge to the intellectual challenge of Startup creation.
So I started practicing a simple sport, accessible and cheap: running.

I found (and I still find) many advantages:

  • It helps to stick to a discipline
  • It reduces stress and boost the morale in difficult times
  • Running sessions are welcomed breaks during long days at the office
  • A long distance running is like a good shower, it lightens the mind (in addition, after running you can also take a shower!)
  • Hey… It’s sport!

Problem: I am athletic like an oyster, and the discipline of a regular sport was unknown to me then.

If you are in the same situation, here are some tips to get started.
Especially since I see a parallel with the Lean Startup!

Think Big, Start Small

When you start running, having an ambitious goal is very motivating.
My goal was the Paris Half Marathon which took place six months later.

When you paid 40 bucks for your registration, and have announced to all your friends (after 2/3 beers) that yes, you will do it, you don’t have much choice!

So set yourself an ambitious target, like a competition, even if it seems unreachable. Setup a regular and adaptable training plan (2 to 4 running sessions a week).

Begin with short distances, 2 or 3 km is good. No more. Start slowly , and lenghten over the weeks.
In my case it was 3 km for 1 month, then I went to 5 and 7 km in the next month, then 10 km which became a minimum after 4 months. I then incorporated long distance sessions (15 km) on the weekend to prepare my half marathon.

Your plan is iterative. If you are comfortable with it, try to intensify. Otherwise, slow down and take your time.

MVP = Minimum Viable Protection

Running is easy and cheap: little equipment and knowledge required, and no infrastructure needed.

But just like an MVP (P = Product), Minimum doesn’t mean Cheap, so do not start running without preparation and proper equipment.

Only one thing is really important: the shoes.
Worn or poor quality shoes expose you to injuries that can ruin your motivation and hard work.

A visit to you nearest sport shop, an interview with a professional and $100 for good running shoes is a minimum!
For the rest, TShirt or high tech thermal clothing, stadium, road or forest, feel free do to what you want!

The one metric that matters: average pace

To achieve your goals, it is important to measure your progress, especially if you’ve never run and if you are not aware of your abilities.

You can take a lot of metrics into account (total distance, VMA , speed…).
However, there is one metric that you need to watch closely: the average pace of your race (the average time you spend to run 1 km).

The average pace is the one metric that allows you to be accountable for your running level. This is even more important than distance, because a good runner is someone who knows the limits of his respiratory and muscular system.
Furthermore, it’s not because you ran 20 km that you ‘re a good runner! ( Vanity Metric ?) .

Run a few sessions, determine your ideal pace (the one that you can hold without loosing your lungs), draw a line in the sand and work to improve that pace and reach your goals. Measuring your average pace can easily be done with a gps or a mobile app.

My ideal average pace is currently 5:30 per km, it was 6:10 at the beginning.

Running is Working

If you’ve always wanted to run, but never found the time to do it because of work, keep in mind that it’s possible to turn a running session into a working session.

When you run, your body releases endorphins that triggers a feeling of fullness and pleasure.
Running at your own pace over a long distance (4 km) frees your mind and brings out a lot of ideas. It happened to me many times to find the solution to a stubborn problem during a running session.

Book running times on your calendar!

To have a real good running-thinking time, try to meet those conditions:

  • Run on an open field, if your mind is too focused to avoid cars and pedestrians, you will not be able to think!
    The ultimate configuration: a forest path or a countryside road.
  • Do not run too fast, if your body is in pain your mind won’t work properly.
    If you can’t think, you are running too fast!
    Try to reduce your pace (see chapter above) and be patient.

If you also have cool stories to tell, feel free to share.
Have a safe run =)

NB. Yes, I thought about this article during a 10 km running session 🙂

NB2. I ran my first half-marathon in 2h04.
I’ve been overtaken by grandpas, but I was glad to reach the finish line!

NB3. I found it funny and appropriate to borrow the title of the awesome book from Ash Maurya. I strongly recommend that you read that book, if you didn’t already. Ash if you read this, merci beaucoup!

NB4. Sorry for the selfie, but I was alone and I wanted to show you my nice TShirt 🙂

Why you should attend a Lean Startup Workshop

Workshop Lean Startup

I’ve been organizing Lean Startup Workshops on a regular basis for now more than 1 year and a half. Every two months at the beginning, and then monthly. A 4 hours monthly meeting (preferably on Friday morning) became a cruising speed.

Today, more than 700 entre(intra)preneurs have discovered and practiced Lean Startup in this context.

If you don’t know what a Workshop is, or if it’s the first time for you, here are some good reasons to attend a Workshop near you:

You learn by practicing with others

If the Lean Startup rings your bell, you have a lot of ways to learn. On a scale from pure theory to practice:
Books -> Training -> Coaching

Books are a good way to discover, but it lacks human interaction.
(Good) Trainings offers human interaction and learning milestones, but the format remains rather formal.
Eventually, coaching is ideal because it combines training, practical support and it is completely personalized.

But it still lacks a step between training and coaching: a format that combines part of the training, support and interaction with other people than you. This is the workshop:
Books -> Training -> Workshop -> Coaching

The Workshop is a great way to compare your skills with other people, practice Lean Startup on your project, and avoid some common mistakes.

You foster serendipity

Serendipity means a “fortuitous happenstance” or “pleasant surprise”. It is the fact that a discovery had been made ​​by unexpected ways, accidentally or as a result of a combination of fortuitous circumstances while investigating another topic.

This is a big advantage of Lean Startup Workshops: you bring your idea to expand your knowledge or get answers to some prepared questions, but the intelligence of the group can also bring you things you did not expect, or give you new ideas.

Going to a Workshop makes you “compatible” with serendipity.

You make the leap, and get motivated

Entrepreneurship is a difficult discipline, extremely rewarding, but sometimes thankless and depressing. Any entrepreneur will tell you that there are days “with” and days “without”. No shame, that’s life as an entrepreneur!

A Workshop, in addition to the training and practicing frame, is also an opportunity to meet people who are in the same situation and who are facing the same difficulties. Some have overcome these difficulties and can give you solutions, others haven’t yet so you can discuss it together.

And eventually if you have not taken the leap yet, this is the opportunity to decide and gather solutions to do it now, and smoothly!

You meet different people

Entrepreneurship is also about getting out of your comfort zone.
It’s exciting and rewarding to meet people like you, but it is even better to meet radically different people.

Lean Startup Workshops attract all kinds of profiles, from young startupers to senior entrepreneurs, from CTO to developers, from project managers to product owners.

It is the opportunity for you to test your assumptions and ideas with people who do not think like you, who do not have the same experience, and maybe meet some great people!

If you are in Paris, subscribe to the leading Lean Startup Workshop.
Otherwise, look on Meetup or in your local “Digest” to find what you need.

If you want to create your own Lean Startup Workshop, contact me, I can help you!

Business Plan, or not? (2nd encounter)

idontalwaysplanA few days ago, I published a post on the Business Plan in a Startup context. In short terms, the article emphasizes that an early stage entrepreneur should not waste her time writing a BP.

This article triggered an other article from Sébastien Sacard, Lean Startup practitioner and Product Manager. By reading Sebastian’s article, I realize that my first one is a bit hasty, insufficiently argued, and does not pay enough attention to a critical concern for entrepreneurs like us. So here’s a better version.

Where does my opinion come from?

I’ve been an entrepreneur for 4 years now, half of that time as a Lean Startup practitioner, consultant, and (obviously) learner. I read a lot, played a lot, and met a lot of entrepreneurs (about 50 every month) before understanding the philosophy behind that trendy package.

I’m a geek. I started my career as an entrepreneur full of innocent enthusiasm at the end of my software engineering school cursus, as a CTO in a technologic Startup co-founded with some talented entrepreneurs. We had a vision, a plan, and we raised 400k€ to run it.

We perfectly executed that plan. Of course, we made ​​mistakes , but we were strong minded and determined to build our product and reach the objectives of our plan (users, app, financial …). The pressure was strong, but we were happy. Reaching goals is difficult, but you have to fight for it. Hey, that’s the entrepreneur’s life after all!

And then one day , we ran out of money, we did not achieve the objectives of our plan , and we were far away from doing so. It was a huge slap. I discovered the Lean Startup in this harsh context. The hard way.

The worst is that in hindsight, I realize that we probably had a good market, not the one that we planned but the traction was there from the beginning, hidden behind tons of projections , unnecessary features and brainstorming sessions.

Building a plan and trying to execute it has been toxic for us. Fatal. On a smaller scale, we followed Iridium’s path described in Steve Blanck’s blog. The moral is pretty clear: “Business Plans are the leading cause of Startup death”.

Never ever again!

The problem with Business Plan is the “Plan”

And that’s really what it’s all about. A Business Plan is a big forecast on the business. It is by nature not designed to evolve.

Anticipating is simply not possible when the product does not exist, you know nothing about your market, your product, your customers, your price, and even less partnerships and channels required to deliver your value.

I refer to this sentence from the book Rework, particularly appropriated in this context as well: “Planning is guessing.”
Feel free to make predictions, but you have better things to do with the time you have.

As the roadmap to 6 months for a developer is smoke, as an investigator doesn’t write his report before going on the crime scene.

Writing a plan is toxic as soon as you try to stick to it.

But what about market evaluation?

The Business Plan can be used as a way to assess the market even before experimenting, forcing yourself to lay down your projections to decide whether it’s worth going or not.

For that purpose too, the BP is sterile and does not bring any informed conclusion.

  • Identifying a large market doesn’t mean that you will have a place in the sun, and it certainly not tell you what you need to do to get it
  • It’s not because your market is small that you cannot create a thriving Startup
  • Identifying a small number of customers at the beginning does not mean you’re doomed to wander on this unique niche
  • The plan tells you who could be your 10M customers, but not how to engage your first 10

I could continue like this forever, but I’d rather redirect you to this excellent article by Dharmesh Shah.

If you take your ‘go no go’ decision on the basis of a business plan, you may miss something, or build on false positive bases. In any case , it’s not going to help you much, and it certainly does not reduce the risk of your adventure.

If you are passionate about the problem, you have an iron mind, and that you care about your future customers, begin to test. Simply. I can help you with this.

Don’t plan, document

The Business Plan has a dual objective: to document and to plan.

If (long-term) planning is futile, documentation is necessary. There are three things that matter when an entrepreneur starts:

  • The Vision (the famous Think Big)
  • The idea (the implementation of the vision as it pops into the mind of the entrepreneur)
  • The profile of the first customers

The vision is what drives the entrepreneur, the rest is hypothesis and it has to be validated.

And the entrepreneur should document these items, iteratively, the way she wants (back of an envelope, canvas, notepad, Word, …).

Document as your wish, as long as it is in an evolutive format. A format such as this one. Not the format of a Business Plan.

And the Lean Startup ?

The Lean Startup is a philosophy, a framework, a manifesto built with facts and experience. The Lean Startup is a bit like God, whatever the name, it’s deep meaning is always the same. The Lean Startup is made of what Lean practitioners and entrepreneurs do with it everywhere on the planet, and becomes each day more powerful.

In the Lean Startup, there is still immutable principles: “You’re wasting if you’re not learning” and “Get out of your comfort zone” are two good examples.

The Lean Startup is difficult fundamentally because it’s against human nature, you have to fail from the beginning and resist the urge to comfortably develop an idea in your office.

The problem of the Business Plan? It is incompatible by nature with these two principles:

  • It allows you to do many things , but certainly not to learn
  • It is a reflection of your idea, your plan, your vision , that you write in your confort zone

And yes, the time you spend writing a BP could be used much better by experimenting.

The Business Plan: a misused tool

The fact is that a Business Plan is a tool (the ramp for guiding the rocket), and that this tool is not appropriate in the validation phase of the market (the famous metaphor of the car as seen in Eric Ries’s book).

In the Lean Startup, names are important. In fact , the success of Eric Ries is largely due to his ability to simplify and put names on scattered concepts that existed before in other sectors.

I understand the need to document, short-term plan and market check before launching. But seriously, my job as a consultant-entrepreneur brings me to number of new entrepreneurs every week, and each time someone give me a Business Plan (“read it to know everything about the project”) , it’s a large-rigid-word-document-we-are-proud-of-because-its-bigger-than-50-pages.

Documenting is essential, but do not call this necessary documentation Business Plan, because the Business Plan is something else.

Let’s call it Lean Business Statement, Business Documentation, or Business Assumptions Collection. But not Business Plan .

So, no Business Plan?

Yes, you can write a Business Plan. And you have to.

When your market is validated (you have 10+ customers paying for your solution), and that you need to accelerate, raise funds, hire partners… Because it’s an appropriate tool then.

In short terms: when you have to fire at will and when you can afford to trade a bit of agility against firepower. A real Business Plan, traditional, complete, necessarily more rigid than a Lean documentation, but based on facts and not assumptions.

See round 1.

Business Plan, or not?

bpbadtimeDisclaimer: A more detailed version of this article is available here.

Facing the growing number of articles and threads discussing the need to make a business plan or not (here, here, or here) I want to share my vision on the subject.

If we believe in Wikipédia, the Business Plan is:

A business plan is a formal statement of a set of business goals, the reasons they are believed attainable, and the plan for reaching those goals. It may also contain background information about the organization or team attempting to reach those goals. Business plans may also target changes in perception and branding by the customer, client, taxpayer, or larger community. When the existing business is to assume a major change or when planning a new venture, a 3 to 5 year business plan is required, since investors will look for their annual return in that timeframe.

Basically the Business Plan is a (big, otherwise it is not funny) documentation that explains what is your project, how you will sell it, to whom, how, what are your long-term projections, and who are your classmates.

The problem is that the BP, as its name suggests, is a plan. But when a Startup creates a product that does not exist yet, the plan is out-of-date before being written because the ideas and assumptions of the business will (and should) change very (very) quickly.
Having a plan is then toxic because:

  • You need time to write it, and this time could be used much better to test your assumptions
  • The entrepreneur is bound to follow the written plan, while she should change her assumptions according to the experiments results
  • The long-term forecasts are actually predictions, and the pressure required to reach it is negative

Does this mean that you should neverever  write a Business Plan?
No, of course, the BP remains an essential tool for business creation.

It turns healthy when you have validated your market, and you need to accelerate and usually raise funds. Or, if you create an activity in a sector where the market already exists, in order to take a share of this market (geographical area, for example).

En summary:

BP

What do YOU think?

A map of MVP

I am inspired by Sébastien Sacard’s (http://www.sebastiensacard.fr/articles/2012/les-differents-types-de-mvp) and Stefan Roock’s (http://stefanroock.wordpress.com/2012/08/05/lean-startup-a-classification-of-mvps) posts to provide a map of all the different MVP an entrepreneur can use to validate a hypothesis.

MVP Map

According to me, it lacked two important dimensions:

  • What
    All MVP are not designed to validate the same thing, they are tools that an entrepreneur will use in special situations.
    The colored boxes indicate whether the MVP is designed to validate a problem hypothesis (need), a concept or a process, a unique value proposition, or to deliver and test the core value to the customer.
  • When
    The Lean Startup is first of all the prioritization of hypothesis, even before validation. This is why we validate a problem and a client before looking at a solution.
    MVPs are shaded in gray according to their priority in your project.

I also added some MVP who deserve to be mentioned: the survey (which can follow a bunch of interviews to validate a problem with a bit more customers), crowdfunding (which allows you to check if people are willing to pay for your concept / product), and the Wizard of Oz (which is a bit like the concierge, but the customer does not see you – http://ramlijohn.com/westjet-christmas-how-to-validate -your-idea-with-a-wizard-of-oz-mvp).

Do you know more of them?

No-Reply is evil

angry-desk-flip

This is Monday morning, and I want to talk about UX (hype initials for User Experience).
You know, this discipline made to ensure that your users feel comfortable when using your product.

A basic rule in UX is to never restrict your users. It may seem logical, but many companies sucks at this.

Te famous “noreply@yourcompanyhere.com” is typically one of these useless annoying anti-patterns. 

Seriously, why would you want to prevent your recipient from responding if she wants to? … Because there is no inbox at the other side?
Okay… We are in 2014, creating a mailbox or setup a redirection became a stupid thing.

Maybe for organizational matters, to avoid emails coming from anywhere (aka “out of provided feedback or contact area).
The fact is that it makes no difference: you allocate time and/or staff to answer your customers (otherwise you have a serious problem that goes beyond the scope of this post!).

My most recent experience is with a crowdfunding platform.
After submitting a project for validation, I got the following mail:

Hi,

Thanks for bringing your project to us. Unfortunately, we won’t be able to validate it for now. This is a great project, but your description lacks the following information: ….. . Feel free to get back to us with more information.

Sincerely

You got it, the from address is noreply@XXX.com.
In other words, they asked me to provide more details on my project (and I was eager to do so!), but they destroyed my impulse with a dead end…

In the end, I had to reconnect on the website site, find a contact address in the forum associated with my project, and copy/paste the content of my mail to make a new one. Not a big deal, but still frustrating.

Seriously, don’t do noreply…

  • You bother your customers/users
  • You miss feedback or other useful ‘hot’ information
  • It doesn’t cost you more to redirect replies to the appropriate service
  • These are things that create unsatisfied users

No-Reply, in the ‘Why the fuck’ caterogy, is  pretty well placed!